LA FAIENCERIE DE LA FORET  

Le hameau de la Forest, il y a déjà bien longtemps faisait partie du Marquisat de la Bastie d’Albanais : nous savons qu’il abritait « une maison forte » qui par la suite devait donner son nom à une famille noble de Savoie, la famille « De La Forest ».

Pendant quatre siècles du 13ème au 17ème, elle s’est illustrée dans la magistrature, l’armée, la diplomatie et le clergé du Duché de Savoie.

La faïencerie de La Forest fut fondée, elle, dans ce même hameau vers 1730 par Noël BOUCHARD, dont le père Jacques BOUCHARD possédait à Chambéry un magasin de fer et de quincaillerie auquel Noël ajoutera plus tard un magasin de faïence.

Noël obtint du Roi de Sardaigne certains privilèges, notamment le monopole de vente, l’exemption de nombreux impôts, ainsi que la facilité pour l’achat du sel et du plomb, nécessaires aux vernis. L’octroi de ces privilèges montre bien l’importance de la faïencerie et de son utilité publique.

 

La faïencerie ne fabriquait guère à ses débuts que des ustensiles d’usage courant sans style particulier mais le plus souvent imitant des œuvres de provenances diverses (Nevers, Moustiers…..)

Puis des œuvres plus artistiques furent conçues et c’est de cette époque que date probablement une « Pesta » (piéta), toujours conservée au presbytère de Saint-Ours.

Vers 1770, la faïencerie fabriqua de fort belles pièces ; on peut en voir quelques unes à Hautecombe, au musée Faure d’Aix Les Bains et au musée du Château d’Annecy.

 

Puis vint une crise provoquée par la concurrence française puisque La Savoie avait été reprise en 1792 par l’armée française du général Montesqiou et réunie à La France selon le vœu de ses habitants (elle sera restituée au Roi de Sardaigne par les traités de Paris et de Vienne 1814 – 1815).

Pour résister à cette crise Pierre Amédée BOUCHARD résolut par acte du 30 Fructidor V de transformer sa faïencerie en société.

La nouvelle société ne dura pas longtemps puisqu’un an plus tard, Joseph DIMIER en réclama la dissolution par exploit du 21 Vendémiaire au VII.

Dès leur séparation, un procès opposa Pierre Amédée BOUCHARD et Joseph DIMIER, ce qui entraina de gros frais et fut semble-t-il une cause importante de la faillite de Pierre Amédée BOUCHARD, dont les biens furent saisis et finalement vendus le 21 novembre 1812.

On peut voir au musée de Chambéry, une assiette portant l’inscription « la Forest 1814 » : cette pièce est sans doute une des dernières fabriquées.

Vers 1816, Maître de Saint Martin fit pulvériser les moules en gypse* pour engraisser ses champs de trèfles.

 

Gypse: roche saline constituée de sulfate naturel hydraté de calcium, chauffé vers 200° le gypse perd de l'eau et donne du plâtre.