EPERSY en Savoie, département français ; village européen :
Appellations anciennes :Sparziacum au XIIième siècle
Epersiacum au XVIIième siècle
Epersi en Genevois,
Expersy en 1729
Epercy en Savoye en 1732
Population à travers les siècles :
30 feux en 1605
212 habitants en 1776
356 habitants en 1861
192 habitants en 1982
291 habitants en 1999
300 habitants en 2007
Altitude : 450 mètres Superficie : 322 hectares
Distante de Chambéry de 22 kilomètres
Hameaux :chef-lieu,
Les Dagands, Les Bois,
La Verdasse,
Les Caves, Primaz, Les Dreillis,
Les Champs-devant, Toisy, Tuisie, Les Donchettes, Les Ires , Les Lambert, Le Motin.
Epersy est une commune située au sud d’Albens, de l’autre côté de la route qui mène à Annecy, en colline sur la rive droite du Sierroz, qui la sépare de Grésy sur Aix. Elle touche Mognard et Saint Ours.
Ancienne province de Genevois jusqu’en 1749, où, par l’Edit du 3 septembre 1749 Epersy fut détachée du Genevois pour être rattachée à la province de Savoie Propre jusqu’en 1792. Elle fut Province de Rumilly, mandement de
La Biolle
(1816 à 1818), puis de Genevois (1818 à 1837) et de Savoie Propre (1837 à 1860), mandement d’Albens (de 1818 à 1860).
Diocèse de Genève du Moyen Age à
la Révolution
, de Chambéry et Genève de 1802 à 1820 et de Chambéry depuis 1820.
Un peu de géologieDans la mollasse friable presque sablonneuse, qui domine la route qui suit le cours du Sierroz, près des moulins de Collomb dit Prime (Primaz actuel), on trouva au XIXième siècle des ossements fossiles de
sphoerodus irregularis, parvus, cinctus et gigas, ainsi qu’un petit osselet ou
ichtyodorulithe, c'est-à-dire l’épine osseuse que portent certains poissons, attachée à la nageoire dorsale, et qui fut attribuée au
myliobates struderi…
Une paroisse chrétienne
Nous savons relativement peu de choses sur cette paroisse, sinon qu’elle est antérieure à 1344, placée sous le vocable de Saint Maurice, qu’elle fut rattachée à celle de Mognard de 1803 à 1830, puis redevint autonome.
Le fief d’Epersy, qui se composait des deux paroisses d’Epersy et Trevignin dépendait de la seigneurie de Cessens, qui fut érigée en comté en 1687, mais en 1435 il y eut une transaction concernant sa juridiction entre Jacques d’Orlier et Manfred marquis de Saluces seigneur de Grésy.
Rien n’y attire particulièrement l’attention, sinon la beauté calme de son paysage ensoleillé, à deux pas néanmoins de l’autoroute qui relie Chambéry à Annecy.
L’église
Elle fut visitée par le futur Saint François de Sales le 20 juin 1606. A cette date il y a trente feux dans la paroisse, la cure retire la dîme sur le froment et le vin. Le recteur reçoit l’injonction de faire un châssis à la fenêtre du chœur, au moins « de thoille cyre », et d’enterrer l’image de Saint Maurice, probablement non conforme aux décisions du Concile de Trente. Il y a une chapelle dédiée à Saint Fabien et Saint Sébastien.
L’édifice actuel a été reconstruit en 1866 dans le style gothique par l’architecte Revel. Le vitrail du chœur représente le saint patron, Saint Maurice. Les deux autels latéraux sont dédiés à Saint Joseph à droite et à
la Vierge
à gauche. La chaire, assez intéressante, est en marbre sculpté, dans le goût de l’époque.
Maisons et habitants
Les maisons d’Epersy sont en pierre enduite de chaux jaune, avec de grands bardages en planches, caractéristiques.
L’état ecclésiastique a été pour les habitants du village une façon de sortir de leur condition paysanne. Beaucoup d’entre eux s’y sont distingués.
Epersy est la patrie du Général Requin, mort pauvre « au service de la république, après avoir commandé les départements du Mont Blanc et des Hautes Alpes » (Croisellet).
Une commune agro pastorale
Une consigne du sel de 1776 présente une commune à flanc de colline, avec une forte proportion de terres paysannes, 71% de la superficie, tandis que quatre nobles (les Mouxi, les de Regard, du Chanay, par exemple) en détiennent 7% et les clercs 3%. Les communaux détiennent 17% du sol. Ces terres sont cultivées en céréales : un tiers de froment, un tiers de seigle, un tiers d’avoine. La même consigne dénombre le bétail. Epersy compte 139 bovins, à raison de 26 vaches pour 100 habitants, 128 moutons ou brebis (60 têtes par 100 habitants), mais les moutons cesseront de jouer un rôle dans l’économie dès que le secteur se transformera, avec l’évolution des modes d’élevage et l’augmentation des bovins.
Au XVIIIième siècle, Epersy comportait des vignes, des châtaigneraies (au Chatagney actuel Châtenet, à Lépin, à
La Rovere
, au Drillie ou Drillois actuel Dreillis).
Vers 1833, Casalis parle d’une campagne bien cultivée, qui produit des céréales, des fruits variés, principalement noix et châtaignes, et du vin de qualité inférieure. En 1920 on installa une atelier de distillerie aux Dagands, qui intéressait une trentaine de familles.
Nous savons comment ont évolué les exploitations agricoles à Epersy au XXième siècle. De 62 exploitations en 1929, on arrive à 48 en 1955, puis 28 en 1970 et 25 en 1980, dont la surface moyenne et alors de 10.59 hectares, tenues par des chefs d’entreprise âgés pour la plupart de 35 à 64 ans. Le nombre des bovins est passé de 238 en 1955 à 247 en 1980, après avoir atteint le chiffre maximal de 300 en 1970. Les surfaces en herbe ont progressé depuis 1955, elles atteignent 166 hectares, pour 64 hectares de terres labourables et 2 hectares de vignes.
Pour le traitement du lait, Epersy s’est groupé avec Mognard, mais la coopérative a subi une baisse alarmante de production, puisque pour 1 700 000 kilos de lait traités en 1967, on arrivait en 1977 à celui de 700 000 kilos. Jean David en donne les raisons : le vieillissement de la population agricole, la difficulté d’améliorer la productivité à l’hectare en fonction du relief, du climat et du morcellement des terres. Le prix de revient du kilo de lait est plus élevé ici et la politique relève toujours de la nécessité vitale d’une meilleure valorisation du lait, pour inciter les agriculteurs à ne pas abandonner cette production.
Il semble que le maïs gagne du terrain, par contre, et des serres ont été installées.
La commune possède 35 hectares de forêts.
La population d’Epersy comptait en 1980 75 actifs sur ses 168 habitants : 48% étaient des double actifs. La commune héberge aussi bien des agriculteurs que des ouvrier et des travailleurs du secteur tertiaire. La densité était en 1975 de 52 habitants au kilomètre carré.
Trop proche d’Aix les Bains, la commune n’a pas de vocation touristique. Elle participe à deux syndicats intercommunaux : le Syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau du Sierroz et le Syndicat à Vocation Unique des Ires (école intercommunale des Ires) créé en 1999.
On peut la classer dans le canton : la plus petite pour la superficie (8ième rang), pour le chiffre de population et la valeur du potentiel fiscal total.
Ecrit par Philippe Paillard, édité en 1984.